La Bourlingue Théâtre

16 novembre 2009

Les jongleurs de mots

Filed under: Au plaisir des mots — Tags: — bourlingue @ 14:44

La lumière est l’arbre de ma vie, au travers de plusieurs luminosités excentriques  se dresse au détour d’un champ, d’une colline, d’un ruisseau : une perle rare, un petit être de vie dénoué de tout souffle, de toute envie de rejaillir de nouveau, un petit oiseau de vie dans un océan de couleur vive et dense.

La lumière , source de vie , défile , défile à une vitesse hors du commun , hors du temps , dans une spirale houleuse de quiétude , puis soudain de nulle part , un petit grain de folie se met à exulter , à communiquer, à sortir de son mutisme et tout d’un coup tout s’entremêle , tout s’entrecroise …. Tout est mouvements, bruits, paroles.

Enfin cette parole, ces mots, ces métaphores, tout se dénoue dans un océan de plaisir, d’abondances, de plaisir partagé.

Rien n’y fait, ni l’oiseau rare, ni le petit grain, rien n’oppose cette parole à s’exprimer enfin tel un moulin à parole à une vitesse démente tout est enfin dit dévoilé.

O parole, O lumière, déballées avec rapidité, engouement, ferveur, enfin tout le plaisir des lettres des mots, des sons : Quelle joie partagée librement.

Puis tout redevient calme, s’apaise, se pacifie, gigote pour retrouver enfin dans un silence nu et respecté tel l’enfant qui vient au monde vierge de toute expérience, de toute quintessence.

Ces mots qui se bousculent comme une vie à ses débuts, se battent entre eux pour retrouver leur rythme : un rythme dynamique, joyeux et vif, ces mots rompus au silence forcé contraint comme un soldat errant en mal de direction.

Alors les mots se dispersent de nouveau, reprennent leur passion favorite : déclamé, récité donnant un sens à la langue, aux sonorités, aux goûts, aux saveurs de l’existence.

Un mot reste «  un petit être de vie » qui a besoin tout au long de son cheminement de jaillir, de crier, de renaitre et enfin tout doucement sans un soupir de laisser sa place avec un peu d’amertume à son petit frère de sang.

Frédéric Bengioar

14 octobre 2009

espace vide

Filed under: ateliers, créations, Exercices/training — Tags:, , — bourlingue @ 17:10

« L’espace vide ». La formule est célèbre.

Je détournerai ici un peu cette formule. Quoique…

Dans un travail de répétition, de recherche, d’improvisation et peut être même en représentation, le comédien doit toujours tendre vers l’espace vide. Aller vers le point du plateau inoccupé, être suffisamment réceptif, à l’écoute, pour proposer l’action, le mot, le geste qui permettrait de rétablir un équilibre rompu. Même (et surtout) si cette action, ce déplacement, cette parole, n’est pas inscrite dans sa partition, ne lui semble pas logique.

L’espace qui lui semble vide, le déséquilibre qui semble exister, le comédien doit y prêter une attention constante. C’est en allant remplir le vide, rétablir un équilibre qu’il créera un nouvel espace vide, un nouveau déséquilibre. Dans cette dialectique peut être rendue sur scène la vie dans ce qu’elle a d’organique.

Théâtre politique

Filed under: spectacles vus — Tags:, , , , , , — bourlingue @ 17:08

Ce doit être la marque des collectifs théâtraux : dispositif bi-frontal avec une grande table au centre.

Table qui souvent à un moment de la représentation devient tréteau. Pourquoi s’en priver ? l’effet est garanti et efficace, aussi bien dans le sens que dans la théâtralité.

L’an dernier, dans un dispositif similaire, j’avais admiré le travail des Possédés sur Oncle Vania. Cette année c’est le cas avec la compagnie D’ores et Déjà qui se présente aussi comme un collectif et son spectacle Notre Terreur.

Le spectacle reconstitue le Comité de Salut Public en séance. Mais sans volonté de reconstitution historique. Costumes contemporains, barbes des années soixantes (cubaines ?), gobelets plastiques… dialogues quotidiens mais aussi ce qui semble être des extraits de discours d’époque, extraits de pièce.

Le burlesque est aussi présent avec une chevauchée endiablée autour de la longue table entre Saint Just et Carnot, le retour du fantôme de Danton en castrat sanguinolent qui vient avertir Robespierre

Faux sang, peinture blanche, tous les artifices sont montrés, assumés, et fonctionnent.

Tout commence par une longue narration exaltée d’une exécution (Danton) par un comédien fébrile qu’on comprendra être Saint Just plus tard.

C’est un théâtre politique qui tente de reconstituer les enjeux de l’époque. Même si la complexité de la période peut difficilement être rendu dans tous ses enjeux en deux heures. Cependant, c’est à noter que la compagnie ne va pas dans le sens du discours qui s’est développé depuis une dizaine d’années et qui tend à remettre en cause la légitimité de la Terreur au nom de ses excès. Merci à eux. Qui peut dire aujourd’hui avec certitude ce qu’il serait advenu de la Révolution et de ses conquêtes politiques sans justement cette Terreur ?

Ce qui est remarquable également dans leur travail, c’est qu’ils permettent de toucher du doigt les limites et les contradictions de la Révolution Française. L’égalité, oui, mais quand la propriété vient l’entraver, que faire ?

Enfin à la sortie du spectacle un débat s’est lancé entre nous sur la question de la fin et des moyens. Justement c’est bien la question que pose plus ou moins directement ce spectacle. Je ne m’étendrai pas sur ce problème dans ce billet, mais cela me renvoyait directement à une brochure écrite par Léon Trotski, Leur morale et la nôtre, qui a le mérite de poser remarquablement le problème.

Vive un théâtre politique !

13 octobre 2009

Exercice 1 (écoute)

Filed under: ateliers, Exercices/training — Tags:, , , , — bourlingue @ 15:12

Un exercice que j’aime bien. Particulièrement en début d’année avec un nouvel atelier, mais qui se prête à toutes sortes de variations et peut se retravailler à tout moment.

Deux comédiens s’asseyent de part et d’autre de la scène, face à face. L’exercice se déroule sans parole.

Ils se lèvent ensemble. Partent ensemble, l’un vers l’autre. S’arrêtent ensemble, quand ils atteignent la zone de proxémie de l’autre. Ensemble, sans s’être concertés au préalable, chacun choisit une action : soit tendre la main vers l’autre, soit faire demi-tour et repartir.

Pour que l’exercice soit intéressant, il est important de bien séquencer chaque action, avec un début et une fin nets. Chaque comédien doit être à l’écoute de l’autre afin de trouver une simultanéité.

C’est possible ensuite de jouer sur des variations de rythme entre chaque séquence, d’introduire son ou parole à la fin d’une séquence, de poursuivre en improvisant ou sur un texte…

8 femmes

Filed under: ateliers — Tags:, , , , , — bourlingue @ 15:11

Ce sont les participantes à l’atelier de démarrage au Meux. La plus jeune a 16 ans et les plus âgées une petite soixantaine. Toutes sont plus ou moins débutantes. Toutes ont joué le jeu, se sont à peu près lâchées sur ce premier atelier, ce qui n’est pas évident.

Après quelques marches, pour se mettre en jambe et apprendre les prénoms de chacun, je leur ai proposé une série d’exercices muets qui obligent à travailler la relation à l’autre, notamment dans l’espace.

Quelques fragments de scènes, textes en main, pour finir l’atelier. Art, Cendres sur les mains, On ne badine pas avec l’amour ont accompagné cet atelier de découverte.

« J’ai eu l’impression d’être ailleurs ». C’est ce que dirent plusieurs à l’issue de l’atelier. Le théâtre, un voyage ? Quel beau compliment quand la compagnie s’appelle La Bourlingue !

9 octobre 2009

Démon

Filed under: lectures — Tags:, , , , , — bourlingue @ 15:13

Une petite note rapide pour partager la jubilation ressentie à la lecture de Démon de Thierry Hesse.

Ce roman aborde le thème du génocide (avec et sans la majuscule), pose la question des victimes, des témoins. Notamment la question (qu’on n’ose pas poser et qui est pourtant réelle) de la non-révolte devant l’inéluctabilité de la mort.

Je suis convaincu que l’espoir est une des caractéristiques fondamentales de l’Humanité. Et c’est certainement ce même espoir qui, chevillé au corps, jusqu’au bout fait refuser la mort.

Le roman est passionnant, merveilleusement écrit, touchant dans son humanité. Beaucoup de résonances aussi avec une des prochaines créations de la compagnie : Cendre sur les mains de Laurent Gaudé. Des thèmes proches. Le roman de Thierry Hesse nous apportera certainement des éclairages intéressants au moment de la création.

7 octobre 2009

La parole l’emporte sur l’action

Filed under: spectacles vus — Tags:, , , , , — bourlingue @ 15:36

Il y aurait bien des choses à dire sur ce Philoctète. Je retiens cette parole du poète qui au début de la pièce clame que la parole l’emporte sur l’action. Ça pourrait presque être un manifeste sur le théâtre.
Dans cet art, c’est même la parole qui est action. Faire entendre sa parole, c’est à dire celle de son personnage, celle du poète, est essentiel. Il faut attirer l’oreille du spectateur vers elle, et pourquoi pas, susciter la larme chez lui. Le théâtre peut être aussi le moment de l’émotion partagée.
Faire entendre la parole (magnifique) du poète (Jean-Pierre Siméon), certes, mais alors pourquoi un héros qui éructe, hurle, se plaint et geint. Sommes-nous des sourds ?
Au jeu limpide, à la parole qui semble couler naturellement et qui emporte dans l’émotion de Laurent Terzieff, le jeu en exagération de David Mambouch vient casser à de nombreuses reprises la poésie qui allait m’emporter. Quand il ajoute au lyrisme des répliques de son personnage l’emphase lyrique d’un jeu monochrome, on touche au ridicule. Pourquoi ce choix dans la direction d’acteur ?

6 octobre 2009

Démarrage d’ateliers

Filed under: ateliers — Tags:, , , , — bourlingue @ 20:04

Jeudi soir, premier atelier à Grandfresnoy. Nouvel atelier également. Qui allait être attiré par le théâtre ? Malgré affiches, tracts et pub sur internet peu d’appels de personnes intéressées. Seulement des mères pour leurs enfants (petit clin d’oeil, le seul appel pour cet atelier adulte émanait aussi d’une mère et de son fils).
Amusant de préparer un atelier sans savoir si c’est pour 3 ou 10 personnes.
Au-delà de quelques exercices qui permettront de commencer à nous trouver, je vais choisir plusieurs courts fragments de pièces que je connais bien pour les avoir jouées. Une manière de rentrer directement dans le vif du sujet, tout en le commençant doucement.

24 septembre 2009

La Bourlingue Théâtre

Filed under: Uncategorized — Tags:, , , , — bourlingue @ 14:18

En créant cette compagnie, nous souhaitons développer une action artistique dans et autour de la Communauté de Communes de la Plaine d’Estrées, dans l’Oise.
Nous voulons créer et tisser des liens à travers le théâtre avec les habitants, participer à l’épanouissement de la vie culturelle, artistique et citoyenne sur le territoire.
Nous sommes ouverts à tous les projets. En ce sens, n’hésitez pas à nous contacter.

http://labourlingue-theatre.fr

Thème : Silver is the New Black. Un Blog WordPress.com.

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